Alors que le confinement vient d’être officiellement allongé, les initiatives de solidarité des jeunes musulmans de France se multiplient pour venir en aide aux populations. Pénurie de masques, isolement des personnes fragiles et âgées, colis alimentaires… Autant de domaines dans lesquels des actions sont possibles. C’est ainsi que les jeunes musulmans de France s’organisent depuis des semaines et parviennent à mener des actions de solidarité très remarquées
À Creil, par exemple, au nord de Paris, Samir Oueldi, directeur de Ummah Charity, ne lésine pas sur les efforts en cette période de crise. Son association humanitaire, dont les actions sont habituellement menées à l’étranger, connaît un rebond d’activités ces dernières semaines mais en France cette fois-ci. Ses bénévoles se mettent à disposition des personnes les plus isolées et font leurs courses.
« On propose ce service aux personnes âgées, isolées ou dont la santé ne leur permet pas de sortir. Pour les plus précaires, on finance les courses. On promène aussi les animaux de compagnie. Et on dépose les devoirs des enfants dans les boîtes aux lettres pour ceux qui ne peuvent imprimer », explique Samir Oueldi à Middle East Eye.
Et d’ajouter : « On applique des règles de sécurité à nos bénévoles. Quand ils livrent les courses, ils les déposent devant la porte, sonnent et s’écartent de deux mètres. Ils ne rentrent pas chez les bénéficiaires »
Ils livrent également des produits hygiéniques aux malades à l’hôpital de Creil et des paniers repas solidarité pour le personnel soignant. « Ça a été une évidence pour nous de mettre en place ces actions. On avait déjà un pôle social. On s’est donc adapté à la situation » poursuit Samir Oueldi. Concernant la pénurie de masques, une autre association, menée par Mohamed Jemal en a fait son affaire. L’association « Un toit pour elles », qui s’occupe de reloger et d’accompagner les femmes sans domicile fixe en temps normal, a étendu son action. Elle fabrique désormais des masques en tissu et les livre aux hôpitaux. « J’avais des vieux drap-housse chez moi, que j’ai récupérés et transmis à une hébergeuse qui est aussi une artisane. Elle a accepté tout de suite de confectionner des masques en tissu », raconte-t-il à Middle East Eye.